Son cri :
Taille : 28 cm
Envergure : 54 à 60 cm
Poids : 67 à 100 g
Longévité : 8 ans
Ordre : Caprimulgiformes
Famille : Caprimulgidés
Genre : Caprimulgus
Espèce : europaeus
De par son habitat et son activité crépusculaire et nocturne, l'Engoulevent d'Europe n'est pas du tout facile à observer. Le plus souvent, c'est une silhouette évoluant sur le fond clair d'un ciel au soleil couché qu'on peut avoir la chance d'observer. Pour pouvoir détailler l'oiseau, il faut soit avoir eu la chance de le trouver de jour posé immobile sur son perchoir diurne, mais cette chance est très faible, soit l'avoir capturé au filet en vue du baguage et l'avoir en main.
Au premier coup d'œil, on est frappé par son plumage couleur feuille morte et écorce, strié et barré, un peu comme chez les rapaces nocturnes, qui lui assure un camouflage efficace une fois posé à terre ou sur une branche.
Le gros œil est typique d'un chasseur nocturne. En revanche, le bec est tout petit, ce qui signifie qu'il n'a qu'un rôle secondaire. Le rôle majeur est tenu par la très grande ouverture de la cavité buccale capable de gober des insectes au vol. Enfin, les toutes petites pattes sont celles d'un chasseur de haut vol inapte à la marche.
Il y a un dimorphisme sexuel visible au vol. Le mâle montre des taches blanches à l'extrémité de ses ailes et aux coins de sa queue, marques que n'a pas la femelle.
Au vol, sa silhouette évoque un hirondelle géante plutôt qu'un grand martinet, bien qu'il soit plus proche systématiquement de ces derniers.
Au moment de l'installation, de la formation du couple et au début de la reproduction, le mâle défend son territoire de la voix. Son chant est un chant roulé de type "locustelle", mais avec une tonalité en rapport avec sa taille. Il s'agit d'un trille puissant, fait de notes à la fois liquides et percutantes, audible à plusieurs centaines de mètres, voire un kilomètre. Il est émis au crépuscule depuis un perchoir et peut durer de longues minutes. Très souvent, le chant est suivi de claquements d'ailes sonores lorsque le mâle s'envole. Le répertoire vocal est assez riche en cris émis en vol, particulièrement des "houit" sonores ou des "kek kek kek" en séries., des "tjouk tjouk tjouk". D'autres cris peuvent être notés lors d'interactions entre individus ou de la part des jeunes hors du nid.
Sur ses zones de reproduction, l'engoulevent recherche les boisements clairs de plaine et de moyenne montagne, que ce soit de feuillus ou de conifères.
Il est indispensable qu'il puisse évoluer librement entre les arbres. On le trouve donc dans les stades âgés ou jeunes de la futaie régulière, les grandes clairières, les régénérations, les jeunes plantations de conifères en plaine, les tourbières et landes boisées, les chablis, etc... Il occupe aussi des zones buissonnantes dont le facies lui convient, les collines pierreuses avec ligneux, les dunes boisées et jusqu'à des zones industrielles tranquilles avec arbres et buissons.
L'engoulevent est un insectivore crépusculaire et nocturne. Il passe la journée au repos soit au sol, soit sur une branche.
Ce n'est pas un oiseau farouche. Il compte sur son plumage homochromique avec l'environnement pour passer inaperçu et il est effectivement très difficile à observer posé. Lorsqu'il se pose sur une branche, c'est le plus souvent dans le sens de la longueur. On peut alors le prendre facilement pour une branche cassée si on a la chance de tomber sur lui.
Lorsqu'il chasse le soir au-dessus d'une route encore chaude, il peut facilement être victime de la circulation automobile, ébloui par les phares.
L'Engoulevent d'Europe a un vol facile, aux battements assez lents et capable de volte-faces rapides dans la chasse aux insectes volants. Ses capacités de vol sont grandes car c'est un migrateur trans-saharien.
Insectivore sténophage, il se nourrit surtout de papillons nocturnes et crépusculaires qu'il gobe en vol après une courte poursuite. Il en nourrit aussi ses jeunes.
Le couple d'engoulevents fréquente souvent le même site chaque année. Il arrive habituellement à la mi-mai.
Dès son arrivée, le mâle parade au-dessus de la femelle, ailes et queue largement déployées afin de lui dévoiler ses éclatantes taches blanches. Il lui arrive également de relever les ailes et de les rabattre sèchement en produisant un bruit semblable à un claquement de fouet.
À la fin mai, la femelle pond deux œufs de couleur blanc-crème avec des marbrures brunes et grises. Il n'y a pas de nid et les œufs sont déposés à même le sol. Les deux adultes se relaient la nuit pour couver afin que chacun puisse chasser, mais la femelle couve seule pendant la journée. Le mâle couve plutôt à l'aube et au crépuscule afin de permettre à sa partenaire de s'absenter.
L'éclosion a lieu au bout de 18 jours et les poussins sont nourris d'insectes par les deux parents. Toutefois, le mâle peut s'en charger seul si la femelle est occupée à une seconde ponte. Les jeunes sont précoces et commencent à sortir du nid au bout d'une semaine. À l'âge de 17 ou 18 jours, ils sont aptes à voler et rapidement, ils seront prêts à entamer la longue migration vers l'Afrique.
L'Engoulevent d'Europe est répandu des Îles britanniques et de la Péninsule ibérique à l'ouest à la Mongolie et au sud de la Chine à l'est. En latitude, il monte un peu au-delà de 60° N en Scandinavie et au sud, il occupe le Maghreb et le Proche-Orient.
Il hiverne en Afrique au sud du Sahara, chaque sous-espèce ayant ses zones d'hivernage privilégiées.
La population européenne de l'Engoulevent d'Europe est estimée entre 470 000 et plus d'un million d'oiseaux, suggérant une population mondiale totale de deux à six millions d'individus. Bien qu'il semble y avoir une baisse des effectifs, ce déclin n'est pas suffisamment rapide pour justifier un statut de vulnérabilité selon les critères définis par l'Union internationale pour la conservation de la nature. Au contraire, la population importante et l'immense aire de reproduction font que l'espèce est considérée comme de « préoccupation mineure » par l'UICN.
Les plus grosses populations de reproducteurs se trouvent en Russie, qui compte jusqu'à 500 000 couples, en Espagne (112 000 couples) et en Biélorussie (60 000 couples). La France compte 25 000 à 45 000 couples. Les populations ont connu des déclins un peu partout dans l'aire de répartition de l'espèce, mais notamment dans le nord-ouest de l'Europe. Parmi les facteurs expliquant cette diminution des effectifs, il y a l'usage de pesticides causant la diminution des proies, le dérangement des oiseaux, la perte de leur habitat et les collisions avec les véhicules, l'oiseau chassant principalement en lumière crépusculaire étant aveuglé par les phares et n'ayant pas le réflexe suffisant pour fuir à temps.
Comme les autres oiseaux nichant au sol, l'Engoulevent d'Europe est particulièrement sensible au dérangement en période de reproduction, notamment par les chiens qui peuvent détruire le nid ou avertir les corneilles ou les mammifères prédateurs de la présence de celui-ci. Le succès reproducteur est plus élevé dans les zones qui ne sont pas accessibles au public. Ailleurs, et particulièrement là où les propriétaires de chiens ne tiennent pas leur animal en laisse, les nichées réussissent mieux si elles sont loin des sentiers ou des habitations humaines.
En Grande-Bretagne et ailleurs, la sylviculture commerciale a créé de nouveaux habitats propices à la reproduction de l'Engoulevent d'Europe. Le nombre d'individus reproducteurs a augmenté, mais ces effets sont susceptibles d'être temporaires, au fur et à mesure que les coupes repoussent et redeviennent impropres à l'espèce. Au Royaume-Uni, l'Engoulevent d'Europe figure sur la liste rouge comme espèce préoccupante, et il est proche de l'extinction en Irlande. En France, l'espèce est considérée comme de préoccupation mineure sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine. En Wallonie, l’espèce est classée en catégorie CR (en danger critique) dans la liste rouge des espèces menacées.
Comment ça vient d'être dit précédemment, il sera nécessaire de prendre en compte que de nombreuses menaces pèsent sur l'espèce, en particulier dans les pays modernes comme le nôtre, modifications de son habitat, changements des techniques sylvicoles et des assolements, usage de pesticides qui diminuent la disponibilité des insectes, collisions avec les automobiles, etc. et des actions urgentes doivent être effectuées pour sauver ces oiseaux de ces menaces.
Les œufs et les poussins de cet oiseau nichant au sol sont vulnérables à la prédation par le Renard roux (Vulpes vulpes), la Martre des pins (Martes martes) le Hérisson commun (Erinaceus europaeus), la Belette (Mustela nivalis) et les chiens domestiques, ainsi que par des oiseaux comme les corneilles (Corvus), la Pie bavarde (Pica pica), le Geai des chênes (Garrulus glandarius) et les chouettes et hiboux (Strigidae). Les serpents, comme la Vipère péliade (Vipera berus), peuvent aussi piller le nid. Les adultes peuvent être capturés par certains oiseaux de proie, comme l'Autour des palombes (Accipiter gentilis), le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus), l'Épervier d'Europe (Accipiter nisus), la Buse variable (Buteo buteo), le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) et le Faucon concolore (Falco concolor).
Leucocytozoon caprimulgi est un parasite sanguin affectant l'Engoulevent d'Europe.
Les ectoparasites signalés chez l'Engoulevent d'Europe comprennent une seule espèce de pou mâcheur trouvé sur les ailes (Mulcticola hypoleucus) et un acarien des plumes qui vit uniquement sur les marques alaires blanches (Rhinonyssus nitzschi). Le paludisme aviaire a également été signalé chez cet engoulevent, mais Leucocytozoon, un genre de parasites sanguins, est rare chez cet oiseau et représenté par l'espèce Leucocytozoon caprimulgi. La rareté de ce dernier, le fait qu'il est le seul de son genre trouvé chez les engoulevents et sa ressemblance avec L. danilewskyi suggèrent qu'il est dérivé de proches parents qui infectent normalement les hiboux. Parmi les parasites internes, on compte les nématodes Subulura subulata et Capillaria hirundinis, les cestodes Metadilepis caprimulgina, M. globacantha et Nyctibiolepis megacantha, et les trématodes Brachylecithum donicum, Lyperosomum transversogenitale sylvestris, Eumegacetes triangularis et Plagiorchis elegans.