Son cri :

La Fauvette à tête noire

La Fauvette à tête noire
Un oiseau perché sur une branche. Il a un plumage principalement gris avec une tête noire. Son bec est ouvert, comme s'il chantait. Les feuilles autour de la branche sont vertes et le fond est flou, ce qui met l'accent sur l'oiseau.

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Biométrie

Taille : 14 cm
Envergure : 23 cm
Poids : 14 à 20 g
Longévité : 7 ans
Ordre : Passériformes
Famille : Sylviidés
Genre : Sylvia
Espèce : atricapilla

Origine et habitat

La Fauvette à tête noire est une fauvette de taille moyenne (14 cm de longueur), commune et facilement reconnaissable. Les adultes présentent un dimorphisme sexuel.
Le mâle adulte se reconnaît à sa calotte noire qui contraste nettement avec le gris clair du reste de la tête. La femelle a la calotte d'un roux-châtain assez vif mais moins contrastante. L'un comme l'autre ont l'habitude de hérisser les plumes de la calotte, ce qui augmente sa visibilité.
Globalement, les deux sexes ont un plumage gris, mais ce gris est plus marqué, plus pur chez le mâle, en particulier au niveau de la tête et du cou. Chez lui, le manteau, les ailes et la queue sont nuancés de brun-olive, mais de façon variable suivant les individus, leur appartenance géographique, la période de l'année, l'état du plumage. Les parties inférieures sont d'un blanc nuancé de gris, surtout sur les flancs. L'œil sombre est souligné d'un arc oculaire blanchâtre. Le bec est noir et les pattes sont grises.
La femelle diffère du mâle par sa calotte de couleur différente comme dit plus haut, mais aussi par un plumage moins gris, plus nettement teinté de brun olive dessus, gris-beige à chamois clair dessous.
Le juvénile, quel que soit son sexe, ressemble à la femelle. Mais son plumage est encore moins gris, plus brun, plus uniforme, et surtout sa calotte est d'un châtain terne presque brun. Son bec est éclairci à la base. Le sexe ne pourra être déterminé qu'à la mue post-juvénile, le jeune mâle se distinguant alors aux plumes noires apparaissant dans le rouge de la calotte.
Il existe 5 sous-espèces qui ne diffèrent que par des différences légères de taille et de couleur. Le mâle de la ssp "heineken" peut être mélanique et avoir la tête, le cou et le haut de la poitrine noirs.

Chant et cris

Le cri de contact habituel de la Fauvette à tête noire est un "tac" sec et percutant, un peu comme le bruit produit par deux galets qu'on entrechoque. Il est émis en séries dont le rythme s'accélère en cas de danger ou de conflit de voisinage. D'autres cris existent, dont un "ist", parfois dédoublé en "e ist", un peu ascendant, assez fréquent.
Le chant, flûté et très sonore, est remarquable. Il est très rythmé, avec des éclats de voix et une succession rapide et stéréotypée des syllabes qui le distinguent du chant plus régulier, plus posé et finalement plus mélodieux de la Fauvette des jardins. Le chant est souvent précédé d'un prélude grinçant typiquement "sylvidé" qui peut durer assez longtemps avant que l'oiseau ne passe à son registre habituel. C'est fréquemment le cas au moment de l'installation, lorsque le territoire n'est pas encore bien établi, ou alors en cas de conflit territorial entre mâles.
Le chant est parfois imitatif, mais rarement. C'est le fait de certains mâles plus doués que les autres. Les imitations peuvent être parfaites à s'y tromper. À titre personnel, j'ai déjà entendu des imitations remarquables de Rossignol philomèle et de Rousserolle effarvatte. Si je n'avais pas vu la fauvette chanter, j'aurais été abusé.

Habitat

La Fauvette à tête noire habite les milieux assez ouverts et bien pourvus en ligneux, arbres, arbustes et buissons.
Ce n'est pas vraiment un oiseau forestier car elle n'occupe pas les facies matures, les futaies denses. En forêt, elle n'est présente que là où la lumière pénètre et génère une strate buissonnante, c'est à dire sur les lisières, dans les parcelles éclaircies, les clairières, les chablis, les stades favorables des régénérations, le long de la voirie, etc. Elle apprécie aussi les ripisylves, les plantations, les bosquets, le bocage, les haies arborées, les parcs et jardins, même en ville, les vergers mal entretenus. Elle est finalement assez ubiquiste car peu exigeante quand à son habitat. De ce fait, on la trouve du niveau de la mer à plus de 2 000 m en montagne où elle occupe les facies résineux.

Comportement

La Fauvette à tête noire est un oiseau commun, pas vraiment farouche, facile à repérer au printemps à son chant mais moins facile à observer.
En Europe de l'Ouest, les oiseaux du sud de l'aire de nidification sont sédentaires tandis que les oiseaux nordiques sont migrateurs. Et ils le sont d'autant plus que la latitude est importante et le climat rude.
Rien qu'en France, les oiseaux du midi sont sédentaires alors que ceux du quart nord-est quittent les lieux en hiver. Mais les modifications actuelles du climat sont en train de changer la donne. Les hivers doux permettent à un nombre croissant de fauvettes d'hiverner plus au nord qu'auparavant.
L'espèce n'est pas grégaire, c'est un trait de famille. Elle se nourrit en solitaire, elle migre isolément et de nuit. Néanmoins, quand une nourriture est abondante, par exemple lorsque les sureaux sont couverts de grappes de baies juteuses en été, on peut observer de nombreuses fauvettes se nourrissant ensemble, mais sans véritables interactions entre elles.
En hiver, elle ne fréquente pas les postes de nourrissage, les graines ne l'intéressant pas. En revanche, à cette saison, les baies de gui et surtout de lierre sont essentielles à leur survie.

Vol

Vol direct et rapide, légèrement onduleux.

Alimentation

Le régime est mixte. En période de reproduction, la Fauvette à tête noire est presqu'exclusivement insectivore.
Son spectre est très large. Il inclut de très nombreux taxons d'insectes volants, mais également des arachnides, des crustacés, des myriapodes, de petits mollusques, etc. Les jeunes sont nourris exclusivement d'invertébrés. Les proies sont surtout chassées dans la végétation, beaucoup plus rarement au sol.
Après la reproduction, lorsque la flore arrive à maturité, elle devient nettement frugivore et le restera toute la mauvaise saison. Là encore le spectre est large. Elle consomme abondamment les petites baies de ligneux (sureaux, ronces, cornouillers, lierre, gui, raisin...) mais aussi des fruits plus gros. Elle adore par exemple les figues bien mûres. Elle peut avoir recours à cette ressource en début de saison de reproduction, lorsque l'entomofaune n'est pas encore abondante. C'est alors le lierre et le gui qui sont exploités.

Reproduction et nidification

La saison de reproduction court d'avril à août sur le continent. Elle est d'autant plus courte que les contraintes climatiques sont fortes. Ainsi, au nord de l'aire ou en montagne, elle n'autorise qu'une seule ponte alors qu'en climat plus favorable, tempéré ou méditerranéen, deux pontes successives sont possibles.
Au Cap-Vert, la reproduction est "hivernale" (août à novembre et janvier à mars). L'espèce sait donc s'adapter à des circonstances particulières.
Le nid est construit par le couple, souvent à partir d'une ébauche faite par le mâle, dans un ligneux bas et dense à feuilles caduques, souvent un roncier, les Rubus étant fréquents dans l'environnement, en moyenne à un mètre du sol.
Il est fait de brindilles et d'herbes sèches entrelacées, souvent tenues par de la soie d'araignée. La coupe est tapissée d'éléments plus fins, fibres végétales, radicelles, crin animal à l'occasion. Le tout est assez peu volumineux et demande 2 à 5 jours de travail. La femelle pond le plus souvent 4 à 5 œufs (3 à 6) mais ce chiffre se réduit avec la latitude, l'altitude ou l'avancée de la saison (secondes pontes moins abondantes). L'œuf est assez densément tacheté de brun. L'incubation, assurée par les deux adultes, demande une 12e de jours. S'ensuit un séjour au nid des pulli de 10 à 15 jours. Après l'envol, les jeunes resteront encore 2 à 3 semaines sous la dépendance des adultes, bien qu'ils sachent se nourrir seuls dès l'âge de 15 jours.
Avec 40 à 60% de réussite des nichées, le succès reproducteur est plutôt faible. Les deux causes principales d'échec sont la prédation et l'abandon. Le rattrapage démographique doit se faire grâce aux taux de survie.

Répartition

La Fauvette à tête noire est une espèce essentiellement européenne. On la trouve de l'Atlantique à l'Oural. Au nord, elle occupe la partie méridionale de la Fenno-Scandie. Au sud, l'aire de nidification déborde sur le Maghreb, l'Asie mineure (Turquie), le Proche Orient (Liban, Israël) et le nord de l'Iran. Des sous-espèces occupent les îles de la Macaronésie des Açores au Cap-Vert. L'aire d'hivernage recouvre la partie sud-ouest de l'aire de nidification, essentiellement autour de la Méditerranée occidentale, beaucoup moins à l'est. Elle s'avance largement vers le sud en Afrique. À l'ouest, l'espèce hiverne du sud marocain au Nigeria. À l'est, elle suit la vallée du Nil avec un hivernage important en Éthiopie, et s'avance jusqu'au Malawi et à la Zambie, mais avec des effectifs restreints. Sur les grandes îles de Méditerranée orientale (Chypre, Crête), elle n'est qu'hivernante.

Menaces et protection

La fauvette à tête noire n’est pas une espèce menacée en France.
Cependant, la dégradation de son habitat est un danger réel pour l’espèce.
Une mesure de protection facile à mettre en œuvre est d'interdire tous travaux de débroussaillage ou d'éclaircissement en période de reproduction.

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