Son cri :

La Gélinotte des bois

La Gélinotte des bois
Un oiseau posé sur une branche. Il a un plumage principalement brun avec des motifs blancs et noirs sur le ventre et la poitrine. Sa tête est ornée de marques noires et blanches, et il a un bec court et foncé. L'arrière-plan est flou, mettant en valeur l'oiseau.

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Biométrie

Taille : 40 cm
Envergure : 48 à 54 cm
Poids : 300 à 450 g
Longévité : 10 ans
Ordre : Galliformes
Famille : Phasianidés
Genre : Tetrastes
Espèce : bonasia

Origine et habitat

Sa silhouette est massive, ses pattes courtes. Le dessus du plumage est gris-brun et se démarque particulièrement avec le dessous blanchâtre tacheté de noir. La queue assez longue, brunâtre ou grise, est traversée par une large bande noire et marquée par un liseré blanc. Les flancs sont parsemés de grosses tâches rousses et noires. Une observation minutieuse permet de distinguer mâles et femelles : le mâle porte une petite huppe brun roussâtre, une caroncule rouge au-dessus de l'oeil. Son menton et sa gorge noirs sont bordés d'une fine bande blanche, des taches blanches ornent ses scapulaires. La femelle a une gorge beige saupoudrée de points bruns ou noirs.

Chant et cris

Le mâle posède un cri d'alarme aigu audible uniquement à une faible distance. Il s'agit d'un sifflement 'tsiiiiiiiii -tsii' répété jusqu'à 9 fois. Chaque note varie en longueur et en intensité. Lorsqu'un mâle intrus pénétre sur son territoire, le mâle titulaire lance un cri de défi rauque 'srit-srit' qu'il émet à partir d'un perchoir. Les femelles produisent des sons graves, dont un cri de détournement mélodieux dont le but est de distraire l'attention d'un éventuel prédateur.

Habitat

Elle habite la taïga, les forêts mixtes de feuillus et conifères avec sous-bois riches en arbustes et en arbrisseaux dans les zones boréales, tempérées ou montagneuses.
En Europe, elle fréquente souvent le flanc des collines ou des moyennes et basses montagnes jusqu'à 1500 mètres d'altitude environ. Elle évite les zones de paysages ouverts. Répartition d'Ouest en Est :
12 sous-espèces :
- Tetrastes bonasia styriacus, massif du Jura, à la frontière franco-suisse, à travers les Alpes jusqu'en Hongrie, Slovaquie et sud de la Pologne
- T. b. rhenana, nord-est de la France et Luxembourg, jusqu'à la Belgique et l'Allemagne de l'Ouest
- T. b. rupestris, Allemagne jusqu'aux montagnes de la frontière tchéco-polonaise
- T. b. schiecheli, Balkans (Slovénie jusqu'au sud de la Grèce et la Bulgarie
- T. b. volgensis, Parties de la Pologne et de l'Ukraine, Russie Occidentale
- T. b. bonasia, race type, sud de la Scandinavie jusqu'aux montagnes de l'Oural
- T. B; Griseonota, nord de la Suède
- T. b. sibiricus, de l'Oural jusqu'à l'est de la Sibérie et la Mongolie
- T. b. kolymensis, des montagnes de Verkhoyansk jusqu'à la mer d'Okhotsk
- T. b. amurensis, pays de l'Amour et de l'Oussouri, Mongolie Intérieure et Hebeii, en Chine, Corée du Nord
- T. b. yamashinai, île Sakhaline, en Russie
- T. b. vicinitas, île d'Hokkaido, au Japon

Comportement

Les gélinottes ne sont pas très grégaires. Elles vivent en couple ou en petits groupes familiaux qui se dispersent en automne.
Discrète de manière générale, elle l'est aussi du point de vue vocal, bien qu'à longueur d'année, le mâle pousse des cris qui ressemblent à des sifflements aigus. Malgré les rigueurs du climat dans son aire de répartition, la gélinotte des bois est sédentaire. En effet, à l'image du Lagopède alpin, du Tétras lyre et du grands tétras, lorsque les températures deviennent extrêmement basses, elle s'enfonce dans la neige pour éviter le froid nocturne.

Vol

Prudente, elle vole habilement entre les arbres pour échapper aux regards.

Alimentation

Son régime est composé principalement de végétaux (fleurs, feuilles, pousses, et fruits) qu'elle prélève sur les arbustes et les petits arbrisseaux.
En été, lorsque ceux-ci sont nombreux, elle se nourrit également d'insectes. En hiver lorsque la couverture neigeuse est épaisse, la gélinotte cherche sa nourriture dans les branches à la proximité directe des arbres nourrissiers tels que les aulnes, les bouleaux et les noisetiers. Par contre, au printemps, elle prospecte principalement au niveau du sol, s'alimentant de bourgeons, de racines, de graines et de baies qu'elle puise dans un large évantail de plantes terrestres.

Reproduction et nidification

Le mâle est monogame. Il revendique son territoire au début de l'automne dès que les couvées se disloquent, si bien que les femelles sont souvent errantes en hiver.
Au printemps, les activités du mâle deviennent plus importantes et celui-ci se montre alors plus actif pour marquer son territoire. La période de nidification intervient entre mars et mai en Europe Centrale , et légèrement plus tard en Scandinavie et dans le nord de la Sibérie où elle peut se prolonger jusqu'en juin. Le nid est une simple cavité au pied d'un arbre ou sous un buisson. Il est garni d'herbes et de feuilles. La ponte est assez copieuse : 7 à 11 oeufs de forme ovale, brun-jaune et habituellement légèrement marqués de brun-roux dont l'incubation dure entre 23 et 27 jours. La femelle s'acquitte seule de la tâche. Les poussins sont nidifuges et s'empressent de fuir le nid dès qu'ils ont acquis une mobilité suffisante.

Répartition

La gélinotte des bois était répandue dans toute la zone paléarctique d'Eurasie, de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique.
Cette espèce sédentaire et diurne mais très discrète et difficile à observer, est exclusivement forestière : elle ne quitte pratiquement jamais le couvert des arbres. Les couples ont un comportement territorial très marqué vis-à-vis de leurs congénères.
Il existe un certain nombre de sous-espèces géographiquement séparées et dont la couleur varie du brun-rouge au gris blanc.
Une étude réalisée dans la commune suisse de la Sagne montre qu'un nombre assez précis d'individus, formant un groupe, influence grandement la réussite de la reproduction à l'échelle régionale. Il conditionne le maintien de la cohésion, dans une structure sociale bien établie. Cette étude montre que la superficie des domaines vitaux est située entre 7,8 et 62,6 hectares et que l'individu y passe toute sa vie, à l'exception des premiers mois après l'éclosion lorsque, devenu autonome, il se cherche un nouveau territoire (essaimage). Un mâle apparié, vivant au cœur d'un groupe, aura une sédentarité bien plus forte qu'un mâle célibataire vivant à la périphérie d'un groupe ou aux marges de deux groupes différents. Les chances individuelles de survie et de reproduction semblent plus fortes dans les groupes cohésifs, même si de bonnes densités de gélinottes attirent davantage les prédateurs, dont les humains. Les taux d'occupation optimaux sont de six à huit individus par kilomètre carré.

Menaces et protection

L'Union internationale pour la conservation de la nature classe la gélinotte des bois comme préoccupation mineure.
La cause essentielle de la régression de cette espèce semble être la dégradation de son habitat naturel du fait de la sylviculture, notamment le « nettoyage » des sous-bois et le replantage en quasi monoculture de résineux, d’où la faible efficacité des zones protégées à leur égard.
En Europe centrale et occidentale, on ne la rencontre plus que dans les zones montagneuses. Devant la progression de l'exploitation et de la déforestation par l'Homme, elle a quasiment disparu des zones de moyenne altitude dans lesquelles elle s'était initialement développée. Dans les Massif des Vosges, la sous-espèce Tetrastes bonasia rhenanus a perdu 90 % de sa population entre la fin des années 1990 et l'année 2015.
En Wallonie, l'espèce est jugée en danger critique d'extinction.
En 2017, des scientifiques allemands proposent un plan de sauvetage consistant à prélever des œufs en milieu naturel pour les élever dans un conservatoire, ce qui a été refusé en France. En 2020, l'espèce est finalement considérée comme éteinte dans les Vosges, bien que des individus soient régulièrement aperçus, notamment par les travailleurs forestiers.

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