Son cri :
Taille : 60 à 75 cm
Envergure : 160 à 188 cm
Poids :
Femelle : 2300 à 3000 g
Mâle : 1500 à 2000 g
Longévité : 21 ans
Ordre : Strigiformes
Famille : Strigidés
Genre : Bubo
Espèce : Bubo bubo
Avec ses 75 cm de haut, le Hibou Grand-duc appelé aussi le Grand-duc d'Europe est le plus grand des rapaces nocturnes d'Europe : il mesure le double de son proche cousin, le Hibou moyen-duc.
Cet oiseau est un oiseau impressionnant, c'est le plus grand et le plus fort de nos rapaces nocturnes.
De près, on remarque ses disques faciaux, ses yeux orangés, ses sourcils blancs et ses grandes aigrettes de plumes mobiles.
Les parties supérieures du corps sont brun noir et chamois, offrant une multitude de taches sur le front et la calotte, des rayures sur la nuque, les côtés et l'arrière du cou, et des marbrures noires sur la couleur claire du dos, du manteau et des scapulaires.
Une étroite bande chamois tachetée de brun remonte depuis la base du bec jusqu'au dessus de la partie interne des yeux et le long de la lisière brun noir des aigrettes.
Le croupion et le dessus de la queue sont délicatement ornés d'ondulations noires, le disque facial est chamois foncé, moucheté de brun noir de manière si dense à la lisière extérieure, qu'il forme comme un « encadrement » de la face. Le menton, et le jabot sont blancs jusqu'au milieu du haut de la poitrine.
L'ensemble des parties inférieures est couvert de fines ondulations noires, sur un fond chamois foncé. Les pattes sont marquées de la même manière, mais plus légèrement. La queue est chamois foncé, mouchetée de noir gris brun, avec environ six rayures brun noir, le bec et les serres sont noirs.
L'iris est orange.
Qualifiée d'« aristocratique », sa silhouette est massive, sa tête, piquée de deux gros yeux rouge-orangé est surmontée d'aigrettes de 8 cm environ que l'oiseau dresse verticalement s'il est excité ou dérangé. Ces aigrettes sont normalement horizontales et un peu repliées vers l'arrière. Rappelons que ces aigrettes ne jouent aucun rôle dans l'audition. Les sexes se distinguent par la taille du mâle (tiercelet), plus petit. Mimétique aux branchages, son plumage est brun-roussâtre dessus, taché et rayé de brun noir. Le dessous est plus clair, fauve avec des stries longitudinales et des zébrures transversales de couleur brun foncé.
Le poids du mâle varie de 2 à 2,5 kg, celui de la femelle de 2,5 à 3,3 kg. Long de 65 à 75 cm, le Grand-duc d'Europe possède une envergure allant de 160 à 188 cm. Il peut vivre plus de 20 ans.
On rencontre le Grand-duc d'Europe aussi bien dans les plaines que dans les montagnes. Il aime particulièrement les falaises, près des plans d'eau. Très discret, il s'installe sur des corniches rocheuses, sur les remparts d'un vieux château ou à même le sol ; parfois dans les régions du nord, dans un trou d'arbre mais sans aucun doute, sa préférence va aux grandes falaises proches d'un plan d'eau.
Le Grand-duc d'Europe émet un « bouhou » ou un «ouhouhou-ou-ouhouhouhouhou » (d'où son nom latin, Bubo bubo) audible de loin, ainsi que toutes sortes d'autres bruits.
Comme indiqué ci-dessus, ont le retrouve généralement aux abords de falaises et escarpements rocheux, dans des zones de montagne, mais parfois aussi dans des boisements moins élevées avec versants abruptes En hiver, fréquente des terrains plus plats.
Le chant du mâle est un "hou-ou" peu sonore mais audible cependant d'assez loin. La femelle répond de la même manière, mais avec une voix plus aiguë.
Le grand-duc d'Europe a plusieurs techniques de chasse, et peut saisir une proie sur le sol ou en plein vol. Il chasse en forêt, mais préfère les espaces découverts. Il chasse principalement au début de la nuit et à l'aube. Les déchets de proies non digérés sont compressés en "pelotes", cylindres irréguliers ou de forme conique.
Le Grand-duc d'Europe est un grand chasseur puissant qui, s'il n'y avait la nécessité de se reproduire, resterait volontiers solitaire.
Néanmoins, ce sont de bons parents qui s'occupent bien de leur progéniture.
Il est très nocturne et ne commence à chasser que la nuit tombée, chez nous bien sûr car, en milieu arctique à la belle saison, il lui est indispensable de chasser de jour.
Ils sont territoriaux, mais les territoires de couples voisins peuvent se chevaucher partiellement. Très souvent les couples sont unis pour la vie. Au moment de la reproduction, le Grand-duc d'Europe mâle propose à la femelle divers endroits pour nicher, en grattant le substrat pour l'inciter à visiter en émettant des gloussements et des sons saccadés.
Il a un vol agile et silencieux malgré sa grande taille, car il est doté comme la plupart des oiseaux nocturnes d'un plumage duveteux, très flexible, qui lui permet de voler sans bruit.
En vol, il est aisément reconnaissable à sa grande envergure, appuyé sur ses grandes ailes longues et larges, et détachant bien sa tête assez pointue, la queue courte.
Chez nous, il est sédentaire et n'a donc pas de grandes distances à parcourir mais les jeunes sont forcément vagabonds, à la recherche de nouveaux territoires.
Dans des contrées plus continentales, dans le nord de l'Asie par exemple, les hivers rudes peuvent contraindre les "sibiricus" à se déplacer.
La nourriture du Grand-duc d'Europe est des plus variées. Il se nourrit de toutes sortes de proies, des scarabées aux faons de cervidés. La majeure partie de son régime est composée de mammifères (campagnols, rats, souris, renardeaux, lièvres) également en oiseaux de toutes sortes. Il peut aussi consommer des serpents, lézards, anoures, poissons et crabes, ainsi que des rongeurs, lapins, lièvres, hérissons, oiseaux (corbeaux, pigeons, perdrix), oiseaux marins, chauves-souris et même d'autres rapaces diurnes et nocturnes. Cet animal n'a pas d'autre prédateur naturel que l'homme, c'est donc un superprédateur.
Les pelotes de réjection du Grand-duc d'Europe mesurent généralement 10 cm de long.
Le couple installe son nid dans une niche de falaise, dans des éboulis de gros rochers, plus rarement dans un ancien nid de rapace ou à même le sol. Il niche jusqu'à 2 400 m d'altitude. De fin mars à début avril, le Grand-duc d'Europe construit un nid simplement garni de restes de poils ou de plumes arrachés à ses proies. La femelle y pond 2 à 4 œufs blancs, qu'elle couve seule pendant 32 à 37 jours, tandis que le mâle lui apporte de la nourriture. Une fois éclos, les petits sont protégés par la mère des intempéries et du soleil. Un mois et demi plus tard environ, les petits quittent le nid mais restent à proximité. À trois mois, ils savent parfaitement voler. La femelle n'hésite pas à attaquer, avec le bec et les serres, tout intrus susceptible de menacer ses jeunes, aidée en cela par le mâle.
Le Grand-duc d'Europe est réparti dans l'Ancien Monde de la façade atlantique à l'est de la Chine et de la Méditerranée au nord de la Scandinavie en Europe. Mais comme son nom l'indique, c'est surtout en Europe qu'il est bien présent. Il est absent d'Afrique, de la Péninsule ibérique, de presque toute l'Inde et de l'Indochine. 16 sous-espèces se partagent ce vaste territoire.
Il est répandu dans une très large bande centrale de l'Eurasie, du Portugal à la Corée, mais est toutefois absent des toundras arctiques au nord et des forêts du sud-est asiatique au sud. En France, il vit dans les zones rocheuses de l'est, du centre et du sud. On le rencontre aussi bien dans les plaines que dans les montagnes.
C'est surtout un résident présent là où des proies potentielles sont elles-mêmes disponibles toute l'année. Néanmoins, les "sibiricus" nordiques sont parfois contraints de se déplacer vers le sud par de mauvaises conditions climatiques.
En Europe, il a longtemps été utilisé afin de limiter certaines populations d'oiseaux qualifiés de « nuisibles » (pie, corneille, corbeau, etc.). Il a aussi été pourchassé comme oiseau de malheur, parce qu'on croyait se protéger en le clouant sur les portes de granges, avant qu'on ne s'aperçoive de sa grande utilité écologique et agronomique et qu'il soit protégé par la loi.
Les causes de sa disparition sont le recul, la dégradation ou la fragmentation écologique de son habitat, les tirs illégaux de braconniers, les pesticides agricoles, les poisons utilisés contre les rongeurs (bromadiolone notamment), les accidents dus aux véhicules et la pollution lumineuse, car il est très sensible à l'éblouissement des phares de voitures. On note aussi une mortalité importante due aux collisions contre les câbles électriques aériens et les fils de fer. Les poisons utilisés pour détruire ses proies et les pesticides s'accumulent dans son organisme et peuvent entraîner sa mort.
Aussi, depuis les années 1980, une chute de la population de Hiboux grands-ducs en France a été observée à cause de maladies (myxomatose, maladie hémorragique virale...) qui touchent leurs proies principales : les lapins. Dans les années 1970, l’espèce était aussi décimée par la fragilisation des coquilles de ses œufs, en raison de l’accumulation de produits chimiques dans le corps des femelles : l’espèce était alors considérée comme rarissime en Europe de l’Ouest.
En France, à la fin du xxe siècle et au début du xxie siècle, la population augmente, sans doute grâce a l’interdiction progressive des pesticides les plus dangereux, mais reste inférieure à ses niveaux historiques.
Très sensible à la présence humaine. Menacée principalement par la chasse illégale et les prélèvements d'œufs. Également, une mortalité importante due aux collisions contre les câbles électriques aériens et les fils de fer, en font un oiseau de plus en plus difficile à observer.
Le Grand-duc d'Europe bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. Il est inscrit à l'annexe I de la directive Oiseaux de l'Union européenne. Il est donc interdit de le détruire, de le mutiler, de le capturer ou de l'enlever, de le perturber intentionnellement ou de le naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids, et de détruire, altérer ou dégrader son milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, de le colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter. Toutefois depuis 2006 et surtout depuis l'arrêté d'octobre 2009, ces restrictions relatives à la cession et au transport ne s'appliquent plus qu'aux oiseaux sauvages vivant dans le milieu naturel.