Son cri :
Taille : 33 cm
Envergure : 40 à 42 cm
Poids : 180 à 220 g
Longévité : 7 ans
Ordre : Piciformes
Famille : Picidés
Genre : Picus
Espèce : viridis
Le Pic vert est un pic d'assez grande taille, au plumage à dominante verte qui lui a donné son nom. C'est ce qu'on remarque en premier quand on est confronté à cette espèce. Ensuite, c'est le rouge vif de la tête qui saute aux yeux.
Le vert nettement nuancé de jaune couvre le dessus du corps, de la nuque à la queue, ainsi que les couvertures alaires. Le croupion et les sus-caudales apparaissent nettement plus jaunes. Les rémiges et les rectrices, d'un brun grisâtre, sont nettement barrées de noirâtre. Les rémiges secondaires et tertiaires sont largement ourlées de vert-jaune.
Les parties inférieures sont d'un blanc grisâtre avec une nuance jaune qui augmente en intensité de l'avant vers l'arrière. Ainsi, la gorge et les joues sont blanchâtres tandis que le bas ventre est nettement jaune, mais il y a des variations individuelles. Les plumes de l'arrière des flancs et les sous-caudales, jaunâtres et bordées de noirâtre, donnent un aspect écailleux.
La tête tricolore, rouge, noir et blanc, est remarquable. Les deux sexes possèdent une calotte rouge vif qui gagne la nuque, une couleur noire sur les lores, le pourtour des yeux et les moustaches, enfin la gorge et les parotiques blanchâtres. L'iris blanc ressort bien sur la joue noire. Le bec est jaunâtre ou corne, à pointe sombre. C'est au niveau de la tête que se situe le petit dimorphisme sexuel en vigueur chez cette espèce. Le mâle a un bandeau rouge dans la moustache noire alors que la femelle en est dépourvue. Les pattes, très griffues, sont brunâtres ou grisâtres.
Le juvénile se distingue tout de suite de l'adulte. Il est beaucoup plus sombre, moins vert, et la quasi-totalité de son plumage est marqué de stries, barres et mouchetures. Le dessus est d'un vert terne moucheté de gris jaunâtre. Le dessous blanc grisâtre est entièrement barré de noirâtre et les côtés de la tête possèdent des stries de même couleur. Le rouge de la calotte est moins vif.
Le cri habituel du Pic vert est un "kiak" sonore, isolé ou répété 3 ou 4 fois. Le chant est fait de la même note, répétée rapidement une dizaine de fois en moyenne et formant une phrase qui va légèrement decrescendo. Les jeunes quémandent au nid avec des "che che che" émis en continu, typiques de la famille.
Le Pic vert est une espèce forestière liée aux boisements feuillus, mais pouvant aussi fréquenter les forêts mixtes en altitude et au nord de son aire.
Plutôt que la futaie dense, l'espèce affectionne les facies ouverts du milieu forestier, clairières et lisières, facies jeunes ou ouverts des massifs traités en futaie régulière, les chablis, les linéaires de voirie intra-forestière. En dehors de la forêt, on le trouve également dans toutes sortes de milieux arborés, ripisylves, haies arborées du bocage, parcs et vieux vergers, voire jardins. C'est ainsi une espèce régulière en milieu urbain ou péri-urbain à la faveur des espaces verts. Une exigence de l'espèce est la présence d'espaces dégagés avec accès au sol, le plus souvent munis d'une strate herbacée, où il peut rechercher sa nourriture.
Un ricanement curieux attire notre attention. Un Pic vert s'éloigne de son vol ondulant, ponctué de "kiak" sonores. C'est généralement ainsi que se passe le premier contact avec l'espèce qui n'est pas spécialement farouche, simplement discrète quand elle est au sol à se nourrir, à cause des prédateurs. C'est en effet au sol que ce pic recherche sa nourriture basée sur les insectes. En milieu urbain, il est classique de l'observer sautillant sur les pelouses, complètement à découvert mais restant attentif à son environnement. Il n'est pas connu pour fréquenter les postes de nourrissage hivernal comme peuvent le faire l'épeiche ou le mar, n'étant pas intéressé par la nourriture qui y est déposée, en particulier les graines.
En cas de danger, il va se réfugier dans les arbres, se cachant à la vue du prédateur ou de l'intrus en se positionnant derrière un tronc ou une branche, et en tournant autour si nécessaire grâce à ses griffes puissantes et acérées. Contrairement aux pics bigarrés, épeiche et autres, ce pic ne travaille le bois que pour la nidification.
C'est un oiseau qui vit en solitaire en période inter-nuptiale, en couples territoriaux en saison de reproduction et en petits groupes familiaux au moment de l'émancipation des jeunes.
Le Pic vert est sédentaire dans toute son aire, simplement soumis à quelques déplacements altitudinaux minimes dans les zones montagneuses.
Dès le solstice d'hiver passé et avec l'augmentation de la durée du jour, le Pic vert redevient vocal et peut exprimer son chant territorial. Ce chant est l'apanage du mâle. C'est à la voix qu'il manifeste ses prérogatives sur un territoire qu'il défendra contre tout concurrent. En revanche, il ne tambourine pas, contrairement à un autre Picus, le cendré, qui lui pratique cette manifestation territoriale sonore.
Le vol est typique des oiseaux de la famille. Le Pic vert alterne des phases de battements rapides et puissants et des phases de repos ailes repliées, ce qui lui procure un vol ondulant, rapide et direct. Le vol est le plus souvent de courte distance et à l'issue duquel le pic se pose contre un tronc ou sur une branche. Les ailes courtes et arrondies sont à mettre en relation avec la sédentarité de l'espèce et sa vie arboricole.
Bien qu'il soit très arboricole, ce n'est pas dans le bois que le Pic vert recherche sa nourriture. Il se nourrit au sol qu'il parcourt en sautillant à la recherche des fourmilières.
En effet, l'essentiel de son alimentation consiste en fourmis et leurs larves qu'il extirpe du sol avec sa longue langue collante, garnie de petits crochets à son extrémité et très tactile. C'est une arme extraordinaire qui peut se glisser dans les galeries du sol pour harponner les proies qui s'y trouvent. Le pic creuse d'abord le sol du bec pour accéder aux galeries des fourmis, y compris l'hiver quand le sol est gelé en surface. Il peut aussi traverser la couche de neige pour accéder au sol. On a souvent l'occasion de voir en forêt le résultat de son travail sur les fourmilières de Formica rufa (gros dômes de brindilles) qu'il perce profondément pour accéder aux insectes. Le Pic noir d'ailleurs en fait autant. Dans une bien moindre mesure, il peut fouiller le bois pourri pour y trouver des larves xylophages.
Il complète son régime avec divers invertébrés (vers de terre, petits mollusques, divers insectes), mais aussi avec des fruits (pommes, cerises, etc.), beaucoup plus rarement des graines.
Comme tous les pics, le Pic vert est cavernicole pour la reproduction. Il utilise son bec puissant et tranchant pour creuser sa loge de nidification dans les bois tendres comme ceux des saules ou des peupliers, mais aussi des fruitiers comme les cerisiers, à une hauteur variable du tronc (de 2 à plus de 10 m). Cela lui demande plusieurs semaines de travail. Le trou d'entrée, circulaire, fait 6 à 7 cm de diamètre. Il peut être légèrement ovale. Une ancienne loge est fréquemment réoccupée. L'activité vocale commence tôt, en fait dès que la durée du jour recommence à augmenter.
Dès février, ou plus tard suivant la latitude ou l'altitude, les couples se reforment et gardent le contact à la voix. La nidification débute en mars-avril par une parade nuptiale qui verra le mâle nourrir la femelle jusqu'à la copulation, une façon de consolider les liens entre les partenaires. La femelle pond 5 à 7 œufs qu'elle couve alternativement avec le mâle pendant 15 à 17 jours. C'est le mâle qui couve pendant la nuit. Les jeunes éclosent nus et aveugles. Ils sont nourris surtout de fourmis et de leurs nymphes par les deux parents. Les jeunes quittent la cavité après 18 à 21 jours, puis se tiennent encore quelques jours dans le voisinage du nid, à l'intérieur duquel ils se réfugient la nuit. Ensuite, la famille se scinde en deux groupes, chacun des adultes prenant en charge une partie des jeunes.
Les vieux nids, délaissés par leur propriétaire, peuvent être occupés par d'autres espèces cavernicoles aussi bien invertébrées (vespidés coloniaux) que vertébrés (autres oiseaux comme la Chevêche d'Athena ou mammifères comme diverses espèces de chiroptères).
Le Pic vert a une répartition assez restreinte. C'est une espèce essentiellement européenne. Son aire s'étend sur le continent européen de l'Atlantique à l'ouest de la Russie jusqu'à la Volga. Tous les pays européens l'abritent, excepté l'Irlande, trop insulaire, et l'Espagne où vit une espèce très proche, le Pic de Sharpe. En Scandinavie, on ne le trouve que dans le sud de la Norvège et de la Suède. Il déborde sur l'Asie mineure, gagne le Caucase et contourne la Caspienne par le sud. Une population isolée occupe les monts Zagros en Iran et dans le nord de l'Irak. En France, il entre en contact dans les Pyrénées orientales avec le Pic de Sharpe avec lequel il s'hybride dans une zone restreinte.
Le Pic vert est une espèce assez commune, non menacée.
L'espèce est protégée par la loi dans la plupart des pays européens.
Malgré la tendance stable de ses effectifs, le Pic vert est confronté à l'intensification de l'agriculture et de la sylviculture qui menacent sa conservation.
Dépendant de la présence de fourmis, le Pic vert a été affecté, en Grande-Bretagne, par le déclin local de l'élevage ovin et par l'effondrement des effectifs de Lapins de garenne : les prairies à herbe courte où les fourmis peuvent prospérer sont désormais moins nombreuses. Le Pic vert a également pâti de la réduction des surfaces de vergers et de la transformation des vergers subsistants en monocultures, où sont utilisés largement des pesticides, et sans arbres pour nicher. Ainsi, 75 % des prairies traditionnelles à vergers ont disparu entre 1979 et 2009 en Allemagne du nord-ouest.
L'évolution des méthodes de gestion sylvicole a entraîné des conséquences pour le Pic vert. Le reboisement intensif de l'Europe en conifères au xxe siècle lui a sans doute été favorable, car ces forêts sont propices aux fourmis. En revanche, comme tous les pics, le Pic vert a sans doute souffert de la raréfaction du bois mort et des arbres sénescents en forêt. Avec le Pic mar, il semble cependant moins sensible à l'offre « forestière » de bois mort et gros-bois mort. Il est menacé également par l'Homme à cause de la déforestation, car les arbres sont son milieu de vie.
Le Pic vert ne fait pas l'objet de programmes de conservation spécifiques, mais les actions généralistes de préservation des forêts et des prairies semi-naturelles lui sont favorables. Il bénéficie également des initiatives locales pour préserver les vieux arbres et le bois mort sur pied. Même s'il peut y dormir, il n'utilise pas les nichoirs artificiels pour se reproduire. Ces structures ne peuvent donc pas être utilisées pour pallier le manque d'arbres adaptés pour creuser des loges.
Le Pic vert peut entrer en conflit avec l'être humain. Certains individus forent des trous dans les ruches pour manger les abeilles ou les rayons de miel. Ces trous, trop gros pour être réparés par les abeilles, peuvent déboucher sur la perte de toute la colonie à cause de l'entrée d'air. Il faut alors protéger les ruches par du grillage fin ou des filets. Le Pic vert peut également creuser les poteaux électriques ou téléphoniques, les bâtiments en bois et les murs isolés extérieurement en polystyrène. La dissuasion peut être réalisée par exemple avec des leurres d'oiseaux de proie, des rubans en plastique ou des disques compacts, même si cela ne fonctionne pas toujours.