Son cri :
Taille : 30 cm
Envergure : 42 à 53 cm
Poids : 135 à 200 g
Longévité : 6 ans
Ordre : Gruiformes
Famille : Rallidés
Genre : Crex
Espèce : crex
Au sol, le râle des genêts ressemble à une perdrix élancée, mais sa coloration est plus uniforme, ses pattes plus longues et son bec plus épais. En plumage nuptial, les plumes du dessus noires au centre et bordées de brun donnent au manteau un aspect écailleux. Le dessous est chamois clair barré de marron aux flancs. Les couvertures alaires sont rousses, la gorge et la poitrine grises. Les sexes sont assez semblables, cependant la femelle est légèrement moins grise sur les côtés de la tête et du cou. Les juvéniles sont plus ternes que les adultes dessus et dessous, avec des barres rousses moins nettes sur les flancs. A la naissance, les poussins sont couverts d'un duvet brun noirâtre, ce qui est assez inhabituel pour un oiseau de prairie.
Le cri de parade est un raclement guttural caractéristique du mâle krex, krex répété sans cesse. En dehors de cette période le râle des genêts est assez silencieux sur ses aires d'hivernage en Afrique.
Au cours des parades agressives ou nuptiales, il émet aussi des sortes de miaulements qui ressemblent aux vagissements des jeunes porcs. Mais d'autres sons tels que grognements, sifflements, cliquetis et caquetages peuvent également être entendus.
Le râle des genêts est un oiseau des prairies de fauche et des pâtures, des marécages et moins souvent, des champs cultivés. Il évite les zones inondées. Habituellement en plaine, on le trouve également dans les pâturages de montagne. Pendant la migration fréquente des zones steppiques avec des buissons.
Solitaire, le râle des genêts se montre actif dès le crépuscule et peut le rester jusqu'à l'aube par les nuits douces et sans pluie.
Farouche et rarement observé à découvert, le râle se tient dans l'herbe haute où il se tapit en tenant la tête plus bas que le reste du corps. De temps à autre, il dresse le cou au-dessus des tiges pour surveiller les alentours ou lancer son appel. Le râle des genêts ne s'envole pas à moins d'y être contraint. Débusqué, il vole sans hâte sur quelques mètres seulement, les pattes pendantes, avant de retomber dans l'herbe. Toutefois, plutôt que prendre son essor s'il est alarmé, il préfère se faufiler dans la végétation à la manière d'un petit mammifère. A l'automne, le râle des genêts quitte ses sites de nidification européens et migre en direction du sud pour aller hiverner sous le climat africain. Lors de ces migrations, il vole puissamment, pattes à l'horizontale. A la mi-avril, il est de retour chez nous et se prépare à nicher.
Le Râle des genêts a des ailes relativement longues. Lorsqu'il est dérangé et qu'il s'envole brusquement, il vole avec un bruissement d'ailes et les pattes pendantes. Mais bien que son vol soit faible et haché, il est capable de voler vite et pendant longtemps lorsqu'il migre.
Le Râle des genêts est un migrateur longue-distance. Il migre la nuit et à basse altitude. On note de nombreux oiseaux errants, probablement à cause des vents contraires qui les poussent hors de leurs routes habituelles.
Les prés herbeux que fréquente le râle des genêts recèlent une profusion de graines et de petits insectes.
Les champs de céréales peuvent aussi fournir des ressources convenables. Le râle picore à terre les grains tombés, à l'aide de son épais bec court. En plus des insectes et de leurs larves, il capture toutes sortes d'invertébrés dont les limaces, escargots, mille-pattes, vers de terre et araignées. Comme beaucoup d'oiseaux granivores des champs, le râle des genêts a souffert durant ce siècle des insecticides chimiques qui ont réduit sa subsistance et enrobé les graines d'une pellicule empoisonnée.
Au printemps, le mâle se met en quête d'une femelle. Tête dressée, il pousse des crek-crek rapeux répétés avec insistance.
Attirée par ces appels monotones, la femelle peut alors approcher. Le mâle se livre aussitôt à une parade, se pavanant et présentant le dessin marin et écailleux de ses ailes, peut-être offrant aussi un cadeau tel qu'un ver ou un escargot. Sans l'assistance du mâle, la femelle niche au sol parmi les herbes ou parfois dans un champ de blé et pond jusqu'à 14 oeufs. Les jeunes éclosent au bout de deux semaines et sont nourris par leur mère pendant deux ou trois jours. Ils trouvent ensuite eux-mêmes leur nourriture mais restent avec la femelle durant environ un mois encore avant de pouvoir voler. Les jeunes sont très vulnérables durant les premières semaines. Les faucheuses modernes, rapides et commençant à travailler concentriquement de l'extérieur du pré vers son centre, piègent les jeunes râles et leur coupent toute retraite. Répugnant à quitter sa nichée, la femelle en est également souvent la victime.
En Europe, le râle peut être observé dans différents types de milieux, mais il se cantonne généralement dans les prairies extensives et les abords de zones humides, avec des incursions dans les céréales et les pâturages. La pâture doit être très extensive pour ne pas gêner le râle.
Il lui reste peu d'endroit épargnés par la fauche, hors des bordures des bas-marais. On a longtemps considéré que le râle des genêts occupait des prairies humides, mais ce n'est pas tout a fait exact : les prairies trop humides ne conviennent pas, car ne lui permettant pas de progresser facilement ; inversement des prairies trop sèches et/ou à couverture végétale trop clairsemée ou trop basse ne lui offrent pas un couvert suffisant pour qu'il se sente en sécurité.
La densité du couvert végétal est l'un des facteurs déterminants pour son installation. Elle doit lui permettre de se déplacer à pied rapidement et sans gêne. Dès que la végétation atteint au moins 30 centimètres de haut, la couverture est suffisante pour que des individus s'installent. Mais une prairie abandonnée durant plusieurs années devient trop encombrée pour le râle.
Les populations de râles ne sont pas réparties de façon homogène sur son habitat. Les mâles tendent à se regrouper en taches ; une technique qui pourrait-être plus efficace pour attirer les femelles.
La surface minimale pour l'installation du râle est estimée à un hectare, bien qu'un mâle puisse parcourir plusieurs kilomètres dans la journée.
Le râle des genêts, initialement classé dans la liste rouge de l'UICN sous la catégorie « Vulnérable » (VU), a été transféré dans la catégorie NT (quasi menacé, c'est-à-dire moins en danger que les espèces en VU) en 2004, puis en LC (préoccupation mineure) en 2010. La raison de ce « déclassement » est la découverte de populations importantes et stables en Russie et au Kazakhstan.
Cette espèce est classée en catégorie EN (en danger) dans la liste rouge des espèces menacées en France, du fait de l'importance et de la rapidité du déclin des populations françaises de râle des genêts. En effet, elles ont été réduites de moitié en 10 ans, passant de 1 140 à 1 280 couples en 1998 à 620 à 690 couples en 2007 et 223 en 2020
En Wallonie, l'espèce est classée en catégorie CR (en danger critique) dans la liste rouge des espèces menacées.
Espèce d'une grande répartition à l'UE. Menacée par la disparition de son habitat et la modernisation de l'agriculture: fauche précoce entraînant la destruction des pontes et des poussins. D'autres problèmes sont la chasse pendant la période hivernale et la collision contre les lignes électriques.
Le Râle des genêts était autrefois plus abondant qu'aujourd'hui, vivant dans ses habitats préférés, les prairies et les herbages avec des buissons et des arbres clairsemés.
Mais aujourd'hui, à cause des coupes répétées dans les zones herbeuses au profit de l'expansion de l'agriculture, les habitats adaptés aux besoins de cette espèce se trouvent beaucoup plus réduits, faisant de cet oiseau une espèce rare et menacée.