Son cri :

La Rousserolle effarvatte

La Rousserolle effarvatte
Un petit oiseau perché sur une branche fine. Il a un plumage brun sur le dos et les ailes, tandis que son ventre est plus clair, presque blanc. Son bec est fin et pointu, de couleur orange à la base. L'oiseau semble être en train de chanter, avec le bec légèrement ouvert.

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Biométrie

Taille : 13 cm
Envergure : 19 cm
Poids : 10 à 15 g
Longévité : 12 ans
Ordre : Passériformes
Famille : Acrocephalidés
Genre : Acrocephalus
Espèce : scirpaceus

Origine et habitat

L'effarvatte est la plus commune de nos "fauvettes aquatiques", lesquelles se reconnaissent à leur profil aigu (Acrocephalus), leur queue arrondie à l'extrémité et leurs longues sous-caudales. Elle fréquente la roselière à phragmites en période de reproduction.
Les deux sexes sont identiques.
En plumage frais, l'adulte présente des parties supérieures assez "chaudes", d'un brun soutenu. Une nette nuance rousse est visible sur le bas du dos, le croupion et les sus-caudales. L'avant de la calotte est un peu plus sombre. Les liserés plus pâles des rémiges contrastent avec les centres sombres de celles-ci, rompant ainsi l'uniformité du plumage. La projection primaire est moyenne, environ égale au 2/3 de la longueur des tertiaires. Le court sourcil crème roussâtre, net en avant de l'œil, ne se poursuit pas en arrière ou alors de façon indistincte. Il est surligné par l'avant de la calotte un peu plus sombre que le reste et souligné par un trait loral sombre. L'œil est entouré par un cercle oculaire blanc interrompu en avant et en arrière. Les parties inférieures sont claires. Les flancs et les côtés de la poitrine sont fortement infiltrés de chamois. La gorge est blanche, caractère qui apparaît bien lors du chant. Le dessous des ailes, les axillaires et les sous-caudales sont chamois-crème. La mandibule supérieure est gris corne foncé alors que la mandibule inférieure est d'un jaune plus ou moins vif. Les pattes sont brunâtres et apparaissent sombres sur le terrain. La plante des pieds est jaune terne. L'iris est brun clair.
En plumage usé (juin-septembre chez la plupart des oiseaux), les parties supérieures de l'adulte deviennent d'un brun plus gris et les parties inférieures pâlissent.
Le juvénile a un plumage neuf nettement plus roux que celui de l'adulte et ses pattes sont plus grises. Il ressemble alors beaucoup aux autres jeunes rousserolles, verderolle en particulier, d'où de possibles confusions.

Chant et cris

Le chant de l'effarvatte est tout à fait typique. Monotone, comparé à celui des autres rousserolles, il consiste en une suite prolongée de syllabes brèves grattées ou sifflées, répétées inlassablement sans grande variation. Certains mâles (plus doués que d'autres ?), improvisent ou introduisent à l'occasion quelques imitations, surtout en situation de sympatrie avec la congénère verderolle, mais le rythme effarvatte réapparait immanquablement.

Habitat

La rousserolle effarvatte est un habitant de la phragmitaie inondée qui borde les eaux dormantes ou courantes ou qui envahit les zones palustres.
Les autres faciès tels que scirpaie ou typhaie sont moins prisés. La roselière sèche peut également être occupée si l'oiseau n'a pas le choix. Les saules sont tolérés mais pas indispensables. Les roseaux forment souvent des massifs denses dans lesquels les grands animaux pénètrent difficilement, ce qui assure aux oiseaux une protection contre de nombreux prédateurs terrestres. Dans certaines régions d'Europe, la rousserolle effarvatte s'est adaptée aux cultures et y construit son nid, mais cela demeure toutefois rare. Au moment de l'élevage des jeunes, les adultes peuvent aller chercher la nourriture dans les milieux herbacés adjacents, cultivés ou incultes. En migration, les effarvattes peuvent s'observer en milieu arbustif et même arborescent suivant les circonstances et les ressources. Il est fréquent au printemps d'entendre un mâle chantant dans un buisson lors d'une halte migratoire.

Comportement

Les couples de rousserolle effarvatte sont territoriaux. Malgré cela, la densité est souvent telle en phragmitaie que l'espèce se répartit de façon presque semi-coloniale. Le mâle chante perché en vue dans la partie supérieure d'un roseau sec tandis que la femelle vaque aux occupations liées à la nidification. Les oiseaux se déplacent de tige en tige, s'agrippant à elles latéralement comme le font tous les passereaux paludicoles, ou alors effectuent de courts vols d'un massif à l'autre. Elle monte et descend avec agilité le long des tiges, passant de l'une à l'autre à la recherche de nourriture.
Ce sont des insectivores qui chassent à vue les insectes posés dans la végétation palustre ou alors dans les milieux adjacents, cultures ou friches. La période de chant passée, les seuls indices de leur présence sont des cris rêches typiques du genre Acrocephalus.
Au passage, elle est moins liée à l'eau et on peut l'observer dans différents milieux, y compris arbustifs où elle trahit sa présence par des "tec" d'inquiétude, et parfois par des strophes de chant.
La rousserolle effarvatte est un grand migrateur qui va passer l'hiver boréal sur le continent africain au sud du Sahara. Elle entame sa migration à la fin août ou au début de septembre. A cette époque, les jeunes volent bien et ont eu le temps de prendre du poids de façon à être capables d'effectuer le grand voyage qui les attend. Nos oiseaux survolent la Méditerranée, puis les régions arides d'Afrique du Nord et atteignent finalement les zones humides de l'Afrique sub-saharienne où ils renouvellent leur plumage usé et trouvent des insectes en abondance. Ce voyage leur aura pris environ deux mois. Deux mois plus tard, il leur faudra déjà songer au trajet inverse qui les ramènera en Europe dès la mi-avril. Les adultes regagnent chaque année le même site de nidification tandis que les jeunes sont moins fidèles et assurent un brassage génétique de la population.

Vol

Vol bas et plutôt court.

Alimentation

La rousserolle effarvatte se nourrit d'arthropodes, en premier lieu d'insectes qu'elle trouve parmi les roseaux.
Les insectes à larves aquatiques vivant près de l'eau, éphémères, phryganes, perles et sialis, sont des proies communes pour la rousserolle effarvatte. Elle prélève aussi des diptères de toutes sortes, des araignées. Par ailleurs, les phragmites sont fréquemment sujets à pullulation de pucerons, et quand c'est le cas, les effarvattes reportent leur prédation sur eux et se nourrissent abondamment de ces insectes, malgré leur petite taille.
Occasionnellement, en migration, elle peut consommer des baies. En fin d'été, avant de partir pour l'Afrique, la rousserolle effarvatte fait des réserves de graisse pour supporter le long voyage migratoire. Le signal du départ en migration est donné par une "horloge interne", elle-même influencée par la durée du jour.

Reproduction et nidification

La nidification commence dès l'arrivée de la femelle sur le territoire du mâle, à fin avril ou en mai.
La construction du nid incombe à la femelle. Le mâle se contente de la suivre tout en défendant le territoire contre ses rivaux, de la voix ou par des poursuites. Le nid est une construction soignée faite d'herbes sèches, accrochée par des liens végétaux à quelques tiges lisses et verticales de phragmites secs. Le nid achevé est une coupe cylindrique à bord assez relevé, garnie de crin végétal et de radicelles. La femelle y pond en moyenne 4 à 5 œufs bleutés et tachetés. Mâle et femelle couvent les œufs, mais seule la femelle possède une plaque incubatrice. L'éclosion se produit après onze ou douze jours d'incubation. Nourris d'insectes par les deux parents, ils grandissent rapidement et sont complètement emplumés et prêts à l'envol une dizaine de jours plus tard. Dans les régions de plaine ou méridionales plus favorables, la femelle peut effectuer deux pontes par saison, ce qui n'est pas le cas dans le nord ou en altitude.
La rousserolle effarvatte est fréquemment parasitée par le Coucou gris. Lorsque c'est le cas, la nichée d'effarvatte est perdue au profit du jeune coucou nourri par ses parents "adoptifs".

Répartition

C'est la rousserolle la plus répandue en Europe. Elle a une vaste aire de distribution qui s'étend de l'Atlantique à l'ouest aux confins de la Chine à l'est, et du sud de la Scandinavie au nord à l'Iran au sud, et qui effleure l'Afrique du Nord. Malgré cela, on ne compte que deux sous-espèces, "scirpaceus" à laquelle appartient la population européenne, et "fuscus", au plumage un peu plus "froid", de la Turquie au Kazakhstan.

Menaces et protection

L'effarvatte n'est pas menacée à moyen terme. Localement, les pratiques piscicoles intensives (curage d'étang, brûlis de roselière, faucardage extensif) peuvent lui porter préjudice en limitant son habitat de reproduction, la phragmitaie. Le batillage peut aussi dégrader les roselières riveraines qu'elle habite.
Espèce protégée dans notre pays, la Rousserolle verderolle niche du nord-ouest de la France jusqu'à la mer Caspienne et à l'est de l'Oural. La population européenne est considérée comme stable sur l'ensemble de la période 1980-2012.

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